En 2016, Le Petit Prince fête ses 70 ans ! Retour sur les raisons de son succès !

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Publié pour la première fois en France en avril 1946, Le Petit Prince demeure aujourd’hui le livre le plus vendu au monde et le livre le plus traduit après la Bible !

Rappelons que Le Petit Prince a d’abord été publié en langue anglaise le 6 avril 1943 et en langue originale (français) le 20 avril par les éditions Reynal & Hitchcock.

Il sera publié, à titre posthume en France en 1946 par les éditions Gallimard.

Traduit depuis dans plus de 270 langues et dialectes… du tamoul au quechua en passant par le provençal et l’aragonais, Le Petit Prince est devenu un véritable ouvrage de référence.

Le Petit Prince ne prend donc pas une ride. Sans cesse réédité et plus récemment adapté sur le grand écran, le petit personnage imaginé par l’aviateur français traverse les époques.

Tout autant conte pour enfant que fable philosophique, il se transmet de générations en générations sans jamais perdre de sa force, de sa magie et de sa fraîcheur.

Comment expliquer un tel succès ?

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Le Petit Prince : une oeuvre inclassable

Le conte de Saint-Exupéry est, dès sa parution, bien plus qu’un conte pour enfant. Il ne trouve pas sa place dans les rayons des librairies : est-il du domaine de la littérature de jeunesse ou de la littérature pour adulte ?

Cette question est encore criante d’actualité.

Le Petit Prince est une oeuvre inclassable.

Comme l’écrit joliment Béatrice Sherman dans le New York Times : « Le Petit Prince est une parabole pour les grandes personnes déguisée en une banale histoire pour enfants, à la sortie du conte en avril 1943. L’histoire, très belle en elle-même, recèle une philosophie poétique pleine de tendresse ; ce n’est pas une de ces fables à la morale nette et précise, mais plutôt un ensemble de réflexions sur ce qui porte vraiment à conséquence.« 

L’aviateur, lui-même, écrivait : « Je n’aime pas qu’on lise mon livre à la légère« .

Je crois qu’il a été entendu.

Le Petit Prince est une chose précieuse… et sérieuse : quel sens donne-t-on à notre existence ? Comment tenir dans un monde lorsque le lien d’homme à homme s’effrite ?

N’oublions pas en effet que Le Petit Prince a été rédigé en période de guerre (1942)…

N’oublions pas non plus que Saint-Exupéry se trouvait alors loin du conflit, aux Etats-Unis, et tentait de convaincre les américains de rentrer en guerre à leur tour.

Sa détresse à se trouver loin des hostilités est palpable dans son oeuvre.

La quête de sens, voilà bien « toute l’expérience du Petit Prince : notre présence au monde est d’autant plus forte qu’on trouve des éléments d’éternité dans notre rapport au monde, c’est à dire le souvenir de l’être cher disparu et de quelque chose qui survit à la mort.«  (Alban Cerisier – archiviste et éditeur – Gallimard).

Le Petit Prince : un personnage reconnaissable entre mille

Le Petit Prince, ce n’est pas uniquement un livre, c’est avant tout un personnage en soi.

La couverture de l’oeuvre est connu de tous. Sans même l’avoir lu, nombreux sont ceux qui peuvent vous décrire parfaitement ce petit personnage aux cheveux blonds, à la frêle silhouette avec son nœud papillon et son écharpe qui flotte au vent…

A travers une couverture peinte délicatement aux couleurs pastels, Le Petit Prince semble venir d’une autre époque. Et ce sont bel et bien ces images d’aquarelle qui ont fixé à jamais l’image du Petit Prince.

Saint-Exupéry adorait dessiner. Il dessinait des petits bonhommes, des auto-portraits qui révélaient sa vision des choses, ses états-d’âme.

L’art est une puissante forme d’expression personnelle.

Comme l’a dit Emile Zola : « l’art est la libre expression d’un cœur et d’une intelligence […] il est d’autant plus grand qu’il est plus personnel. » (Emile Zola, Mes haines, causeries littéraires et artistiques, 1866).

Et déjà dans les années 30, Saint-Exupéry dessinait des personnages sur des nuages, des fleurs… Il dessinait aussi un personnage aux traits extrêmement simples qui se tenait debout, sur une sorte de petit terrain herbeux, une colline qu’il transformera petit à petit en une planète. (Alban Cerisier).

Toute la thématique du Petit Prince existait déjà sous ses coups de crayon.

Saint-Exupéry : une figure mythique

Indépendamment du livre, la renommée de son auteur était déjà bien ancrée en France.

Lauréat du prix Fémina pour Vol de Nuit, lauréat du prix de l’Académie française pour Terre des hommes, il était une véritable figure nationale et les circonstances de sa mort (en mission pour la France et porté disparu) ont également contribué à sa « notoriété ».

Le Petit Prince, édité à titre posthume après la guerre, apparaît dès lors comme un testament dans lequel « la question du vrai sens des relations humaines, la question de la place des hommes sur cette Terre arrive par la voix d’un homme mort au combat et en plus disparu dans des conditions mystérieuses.«   (Alban Cerisier)

C’est ainsi que prend naissance un mythe. C’est ainsi qu’il s’ancre dans la mémoire collective, qu’il traverse les âges et les continents.

Le Petit Prince : une histoire de transmission

La transmission, tel est la clé du succès du Petit Prince : « dans l’histoire, le Petit Prince est lui-même porteur d’un message sur son expérience, la façon dont il a appris à connaître les hommes, de ce qu’il a découvert avec le renard etc. Son histoire consiste à transmettre cet apprentissage à l’aviateur, celui qui l’a écouté –et ils n’ont pas été nombreux à le faire quand vous reprenez le texte– et transmet à son tour le message du Petit Prince en écrivant ce conte et en dessinant. Le livre porte donc en lui même l’idée que cette histoire du Petit Prince doit être transmise. Il est donc devenu transgénérationnel : c’est un ouvrage que les parents achètent pour leurs enfants, leurs proches avec l’idée qu’ils ne comprendront peut-être pas tout de suite toute la portée du message, le sens du livre mais qu’un jour ou l’autre, le souvenir ou la relecture de ce livre pourra être quelque chose d’important pour la personne à qui il a été confié. » (Alban Cerisier)

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Le Petit Prince est et restera unique au monde.

Nous l’avons tous apprivoisé et comme l’a dit si bien le Renard : « si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »

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