Mon avis sur Tout ce qui est solide se dissout dans l’air – Darragh Mckeon

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Bouleversant, Remarquable, Puissant

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, Darragh Mckeon, Belfond (août 2015)

Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins.
Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à la chaîne sur des pièces de voiture et tente de faire oublier son passé de dissidente.
Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s’étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé.
Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l’aube, une aube rouge, belle, étrange, inquiétante.
Nous sommes le 26 avril 1986. Dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer.
Le monde ne sera plus jamais le même.

Mon avis

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air nous ramène au 26 avril 1986 lorsque le réacteur de Tchernobyl entre en fusion.

On suit avec passion les destins croisés de quatre personnages pris malgré eux dans l’apocalypse de l’après-Tchernobyl. Ravages des paysages, enfer de la vie quotidienne, minces lueurs d’espoir… ce premier roman empreint d’humanité happe son lecteur et une fois pris dans ses filets, il ne le relâche plus.

Il n’est pas utile de vous dire que le récit est terriblement bouleversant. Il est porté par une écriture saisissante et poétique contrastant avec l’horreur de la situation qui est décrite.

Ne croyez pas cependant que le récit est morne, lourd et pesant. Il n’en est rien. L’auteur impose un rythme de narration permettant de ne pas sombrer dans le larmoyant ou le sentimentalisme.

De ce roman, se dégagent empathie, pudeur et compassion apportant à une histoire sombre et triste, une certaine poésie humaine.

« Une nuit, il a plu, et au matin les flaques étaient jaunes vert, comme du mercure… La forêt est devenue orange, et ils se sont dit les uns aux autres : Peut-être que le sang de mère Nature sèche et fait des croûtes ? Autour d’eux, des soldats et d’autres gars du pays enterraient tout le reste… Ils tuaient les animaux qu’ils rencontraient dans la forêt et les rôtissaient pour les manger… Ils le disaient avec ironie, amertume, mais aussi défiance : que la nature s’amène, ils la combattraient ; ils avaient tous une hache… »

Bouleversant, tragique, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air est une fresque historique poignante et tellement bien réussie…

Darragh McKeon est un jeune auteur irlandais à surveiller…

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