Kurt Cobain – Montage of Heck : la vérité toute nue !

En mai dernier, un nouveau documentaire sur Kurt Cobain a vu le jour. Pour de nombreux fans (moi incluse) cette plongée dans les pensées profondes du leader de Nirvana était très attendue.

Images d’archives inédites et interviews de ses proches font de ce documentaire un film intime très troublant.

Réalisé par Brett Morgen, ce documentaire choc est une plongée funeste dans la psyché d’une icône. Il nous embarque dans un voyage perturbant, déstabilisant au plus près de son intimité et de ses névroses.

Les images d’enfance de l’artiste, ses vidéos familiales, ses dessins qui mettent mal à l’aise sont autant de matériaux qui donnent une dimension très confidentielle à ce documentaire.

Entre sensation de malaise et fascination, ce documentaire se regarde avec une certaine mélancolie face à une icône partie bien trop tôt.

Contrairement aux nombreux récits autobiographiques réalisés sur Kurt Cobain, Montage of Heck est un portrait sans complaisance. Ce documentaire retourne les tripes. Il provoque des réactions très viscérales et nous avons réellement l’impression de rentrer, à l’extrême, dans l’intimité de l’artiste. Cet aspect voyeurisme m’a fortement mise mal à l’aise… sans pourtant pouvoir cesser la projection.

Kurt Cobain fascine. Et il me fascine encore plus depuis ce documentaire où j’ai plongé sans filet dans son esprit torturé.

L’image de ce petit blondinet au début du reportage est touchante et d’autant plus troublante lorsqu’on connaît le tragique destin de Kurt Cobain.

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C’est justement son parcours, chaotique, névrosé, qui nous est donné de mieux comprendre dans Montage of Heck.

Pour une fois, le parti a été pris de présenter l’homme et l’artiste dans ses revers les plus sombres. Montage of Heck n’est pas une énième apologie romantique de l’icône. Le focus a été très justement mis sur ses faiblesses, ses défauts, ses névroses, ses addictions.

Ce qui m’a le plus subjuguée, ce sont ses problèmes intestinaux… cette pathologie viscérale à souffrir H24 et pour laquelle il ne semble trouver aucun remède.

Ses blessures secrêtes

Brisé par le divorce de ses parents à l’âge de 9 ans, Kurt Cobain en gardera une extrême souffrance. Le petit blondinet perd de son innocence et déjà les premiers signes de mal être apparaissent.

Le petit bonhomme trop sensible ne saura faire face à ce séisme irréparable. Son identité s’en trouve affectée à un tel niveau que Kurt développe un profond sentiment de culpabilité… une culpabilité qui le hantera toute sa vie. Colère et rage s’extirpent alors du gamin. Un ado buté, révolté, rejeté par sa propre famille nait alors. Ni son père, ni sa mère ne le veulent vraiment. Comment se construire lorsqu’on se sent rejeté par sa propre chaire ?

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Difficile de ne pas être ému à ce moment précis du documentaire. Difficile de ne pas en comprendre toutes les ramifications pour les années à venir.

Et puis il y a ces récits de son adolescence, la perte de sa virginité avec une fille « retardée » que l’on découvre sous forme de dessins glauques, perturbants… à la limite du dégoûtants qui dénotent un esprit d’ores et déjà très amoché.

Montré du doigt au collège, Kurt Cobain fera ainsi sa première tentative de suicide en s’allongeant sur les rails. Le train ne passera pas sur celles sur lesquelles il s’était allongé. La mort n’était pas encore au rendez-vous…

Kurt trouvera alors dans la guitare, un véritable exutoire. La musique va lui sauver la vie… pour un temps en tous cas.

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Exigent, perfectionniste, Kurt Cobain a travaillé d’arrache-pied pour devenir la rock star que nous connaissons tous. Mais son rêve se transformera rapidement en cauchemar.

Sa descente aux enfers

Pour moi, la descente aux enfers s’amplifient avec l’arrivée de Courtney Love. Vous l’aurez compris, je suis loin de la porter dans mon coeur.

A ses cotés, la star s’enfonce un peu plus dans ses déboires. Complices de défonce et de rage, on sent venir le désastre.

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On apprend alors que Kurt ne supportait pas de se sentir humilié. Or, Courtney Love, cette prédatrice sexuelle impertinente, ne manquait pas de flirter… Elle avoue même que séduire est dans sa nature : « je flirterais avec une chaise »… dit-elle le sourire aux lèvres.

Kurt Cobain, cet hyper sensible torturé ne supportait pas cette sensation de tromperie et revivait alors la situation de rejet familial qu’il avait vécu dans son enfance.

Courtney Love / Kurt Cobain : un coupe de rock star explosif… mais un couple à forte tendance dominante / dominé au sein duquel Kurt Cobain ne pouvait pas ressortir vainqueur.

Une petite fille naîtra pourtant de cette union maligne : Frances Ben Cobain. Mais voilà, leurs vidéos familiales sur lesquelles ils tentent de convaincre de la normalité de leur couple donnent la nausée tant ils sont défoncés ! Voir un petit bébé entouré ainsi dans cet état de décrépitude physique et émotionnelle est extrêmement choquante…

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A ce moment précis du documentaire, les images qui défilent sous nos yeux deviennent difficilement supportables et on ne peut s’empêcher de détester l’icône que pourtant nous adulons tant ! Kurt Cobain est un bien piètre père… et ça fait mal au coeur de devoir l’admettre.

Vivre et mourir en rock star

Au final, le seul réel engagement qu’il est tenu est celui d’être devenu une rock star et d’être mort comme en rock star… Cette promesse ne sera pas rompue. Il se tuera d’une balle dans la tête le 5 avril 1994 : « Les gens veulent que je meure, ça correspondrait au cliché de la rock star » disait-il alors… si seulement il avait su le vide qu’il allait créer…

Kurt Cobain : Montage of Heck, n’est pas le portrait d’un mythe, d’une légende… c’est celui d’un gâchis humain, d’un être si sensible que les turpitudes de la vie ne pouvaient que le blesser encore et encore.

Il cherchait désespéramment à être aimé… Il est devenu une icône… Il est mort en idole.

Mais voilà, quel gâchis ! Quelle tristesse de regarder minutes par minutes sa déchéance, sa chute programmée comme si son destin était déjà tout tracé.

Une vérité cruelle

Ce documentaire, ce n’est pas un hommage. C’est une vérité cruelle, perturbante, presque agaçante tant l’image de l’homme est écornée.

Mais c’est une vérité nécessaire qui, au-delà du gaspillage humain, nous permet de mieux comprendre l’homme et donc l’artiste : ses faiblesses, ses failles, ses petites parties de lui tellement fissurées que rien ni personne ne semblaient pouvoir recoller… même pas la naissance de sa fille.

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La vérité fait mal comme toujours, elle est triste, elle met en colère mais pourtant elle est nécessaire et je ne regrette nullement d’avoir visionné ce documentaire haletant qui m’a permis de reconstituer un petit peu le puzzle Kurt Cobain… même si au générique final, le mystère demeure entier.

Un icône, c’est ça en réalité : une énigme qu’on tente de résoudre mais que l’on sait insoluble.

Telle est la leçon de Kurt Cobain : Montage of Heck. Jamais on ne comprendra parfaitement, jamais nous ne parviendrons à pénétrer son âme… elle échappe à l’entendement… et c’est bien mieux ainsi.

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