Connaissez-vous ces prix littéraires insolites ?

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Goncourt, Renaudot, Académie Française, Médicis, Décembre, Flore, Femina … autant de prix littéraires connus, reconnus et tellement convoités. Le marathon des prix littéraires est une exception française, une tradition à la fois littéraire et commerciale. Chaque année, ils font la une de nos quotidiens et font partie d’une certaine routine automnale.

Aujourd’hui, à défaut de me pencher sur ces prix littéraires que vous connaissez si bien, je souhaite évoquer ceux dont on ne vous parle jamais ! Moins médiatiques et certainement moins « bankable », ils sont parfois bien étranges. Pourtant, à leur manière, ils rendent hommage à d’autres amoureux de la littérature.

Le prix Mauvais Genres

Organisé par Radio France Culture et le Nouvel Observateur, ce prix littéraire a été attribué pour la toute première fois en 2012. Il récompense chaque année une œuvre de fiction et une œuvre de non fiction.

L’enjeu d’une telle récompense est de contribuer à une vision moins étroite de la littérature en faisant tomber les barrières établies entre les genres littéraires. Selon Jean-Pierre Dionnet, président du Jury en 2012, fan inconditionnel de bandes dessinées et membre fondateur de la maison d’édition Les Humanoïdes Associés, « on est revenu en arrière, on vit dans une époque où Vladimir Nabokov n’aurait pas pu écrire Lolita ».

Pour comprendre l’esprit d’un tel prix il faut savoir qu’il tire son nom de l’émission de François Angelier diffusée sur France Culture depuis 1997. Celle-ci met chaque semaine à l’honneur des œuvres dont on ne parle pas assez.

En 2015, le prix Mauvais genres a été attribué à Sylvie Granotier pour Personne n’en saura rien (Albin Michel) dans la catégorie fiction. Dans la catégorie non-fiction, le prix a été décerné à Patrick Martinat pour Bascoulard – Dessinateur virtuose, clochard magnifique, femme inventée (les Cahiers dessinés).

A noter que ce prix littéraire a donné naissance au Festival Mauvais genres.

Le prix Bartleby du roman inachevé

Créé en 2009 par Frédéric Royer, il est la conséquence directe de sa propre expérience et de ses neufs romans inachevés. Bartleby est également le titre d’une nouvelle d’Herman Melville dans laquelle le héros ne cesse de répéter : « I would prefer not to… » (« Je préférerais ne pas… »).

L’ambition du journaliste est ici bien visible : « décoincer le milieu » et glorifier les travaux non finis !

Bien évidemment « il est un encouragement à ne pas poursuivre : le lauréat gagnera le droit de ne pas achever son écrit. Son œuvre inaboutie sera publiée en l’état par un éditeur audacieux. Ou pas » peut-on ainsi lire sur le site officiel du prix.

A noter qu’un roman est considéré comme inachevé s’il manque au moins le point final : il peut s’agir de sept cent pages, de vingt pages, d’un feuillet, voire de l’incipit.

Avec cette récompense, finie l’angoisse de la page blanche ! Les œuvres inabouties reçoivent elles-aussi un prix !

J’avoue que ce prix littéraire me rend quelque peu sceptique…

Prix de l’Inaperçu – Prix Ignatius J. Reilly

Comme son nom l’indique, ce prix a vocation a donné un second souffle à certains romans qui auraient échappé aux lecteurs les plus assidus. Cette récompense se pare d’un règlement drastique puisque seuls les livres qui ont eu au moins trois coupures de presse et qui se sont vendus à moins de mille exemplaires peuvent concourir.

Son sous-titre – Ignatius J. Reilly – est une référence directe à l’anti-héros du Pulitzer posthume de John Kennedy Toole : La Conjuration des imbéciles. L’œuvre décrit le quotidien d’un génie incompris de ses contemporains. L’auteur, quant à lui, a été fortement fragilisé par la non-publication de ses travaux et s’est suicidé à l’âge de 31 ans. Sa mère parvint à faire publier ses écrits.

En 2015, le Prix de l’Inaperçu – Ignatius J. Reilly 2015 a été attribué à Michel Goussu, pour Le Poisson pourrit par la tête, publié aux éditions Le Castor Astral.

Le prix Jules Rimet, Sport et Littérature

Jules Rimet, père de la coupe du monde de football et fondateur du mythique Red Star Football Club, a donné son nom à un prix littéraire dont l’ambition est de marier sport et littérature.

Renaud Leblond, un des quatre fondateurs explique ainsi que « Rimet avait créé au Red Star à St Ouen, une section littéraire en parallèle à la sportive. C’était un passionné de poésie qui avait fondé La Revue et cherchait à établir des passerelles entre le monde du sport et la culture…. Ce point entre le football et la littérature, c’était un moyen d’œuvrer au rapprochement des classes sociales, de favoriser l’intégration ».

La sélection se veut éclectique tout comme le jury composé de sportifs de haut niveau et de spécialistes du monde de la littérature.

C’est le 15 octobre prochain, au stade Bauer, que le jury désignera son quatrième lauréat, après Paul Fournel, Jean-Emmanuel Ducoin et Lola Lafon.

Le prix de l’Armée de Terre – Erwan Bergot

Ce prix littéraire a été fondé en 1995. Destiné à une œuvre de grand public, il célèbre un exemple d’engagement au service de la France ou de ses valeurs essentielles.

Selon le colonel Bruno Lafitte, le prix de l’Armée de Terre a vocation à « affirmer la reconnaissance d’un état d’esprit commun à la société et à l’Armée de terre en mettant en valeurs des preuves de solidarité, de dévouement et de dépassement de soi. » L’idée est donc de « recréer un lien entre l’écrit et le militaire dans la tradition d’Alfred de Vigny ou des écrivains français ayant eu l’expérience de la guerre comme Roland Dorgelès ou Guillaume Apollinaire. Ce lien s’est distendu depuis la fin du second conflit mondial. »

Le Lauréat de l’édition 2015 du Prix de l’Armée de Terre est Sylvain Tesson, auteur de l’ouvrage Berezina, publié aux éditions Guérin. Il a reçu son prix le 29 juin 2015 à La Sorbonne, devant de nombreuses personnalités du monde littéraire et des armées. Le général de division Barrera a quant à lui reçu le prix spécial du jury avec son livre Opération Serval, publié aux éditions du Seuil.

Le prix du Livre au titre le plus bizarre – Le prix Diagram

Outre-Atlantique, la multiplication des prix littéraires en France en fait sourire plus d’un ! Pour se moquer gentiment de cette tendance et de certains livres, le magazine Bookseller a imaginé le prix du Livre au titre le plus étrange.

Cette année, la lauréate est Margaret Meps Schulte pour son livre Strangers Have the Best Candy. Il s’agit du premier roman auto-publié à remporter ce prix.

L’ensemble de ces prix littéraires rendent hommage, à leur façon, à d’autres amoureux de la littérature. Le prix Bartleby du roman inachevé est néanmoins une récompense qui me laisse perplexe et pour laquelle je ne comprends pas très bien la finalité.

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